“Nous avons eu un concert de louanges dans la presse pour le millésime 2007, nous raconte Moïse Ohana. L’Angelot est une grande réussite. Le vin a une suavité, une douceur, un fruité exceptionnel tout en étant ferme et structuré. L’élevage en barriques a été relativement court pour ne pas masquer le fruité et la densité du vin. Le terroir très graveleux associé à un travail parcellaire drastique, les faibles rendements... ces efforts nous ont permis d’obtenir une qualité qui nous a nous-mêmes bluffé.
Le 2008 est très dense, riche et surtout très fruité, les Merlots et les Cabernets-Sauvignons répartis (35% et 65%) étaient remarquables, notamment les Merlots très mûrs, le vin est d’une belle sucrosité.
Pour le 2009, nous avons pris le risque de vendanger tardivement, les derniers raisins ont été récoltés le 27 octobre. Nous avons un terroir assez froid bien que nous soyons très proches de Haut Brion. Nous essayons d’obtenir toujours la meilleure maturité. Les Cabernets-Sauvignons sont exceptionnels, le 2009 est un vin complet, ample, complexe, original. En 2009, nous avons mené à bien une expérience “pilote” en vinifiant deux hectares en biodynamie. Cette production sera vendue dans une cuvée particulière.
Nous avons une équipe très dynamique et performante conduite par Jean Darriet. Les deux maîtres de chais : Xavier Moragues et son adjoint Vincent Laporte et l’œnologue David Pernet. Château Seguin compte 31 hectares (50% Cabernet-Sauvignon et 50% Merlot) exposés est-ouest . Nous avons énormément investi dans l’outil de travail, en nous équipant d’installations très performantes, venons de terminer un chai à barriques de 800 m2 semi-enterré, adossé au cuvier, récent lui aussi. David Pernet nous prodigue ses excellents conseils. Je trouve qu’il représente l’avenir du bordelais, il a réussi à apporter à Seguin tout un concept environnemental. Pour exemple, nous avons divisé par dix les traitements, enherbé les rangs, révisé la taille, préfèrant s’en tenir à des rendements extrêmement faibles pour obtenir une grande qualité.
Nous récoltons donc à Seguin tous les raisins en cagettes avec un premier tri à la vigne; puis les cagettes sont rangées et ramenées à plat, nous ne laissons surtout pas “traîner” le raisin. Il y a un grand système de tri manuel, éraflage, table vibrante, les grains tombent dans un cuvon, puis dans la cuve. Il y a un fouloir à l’intérieur de la cuve qui permet de préserver tous les arômes. Notre vinification s’effectue bien sûr en cuves inox thermorégulées puis le vin vieillit dans le chai à barriques. Nous préférons avoir un échantillonnage de barriques venant de plusieurs fournisseurs avec différentes essences de bois.
Tout cela démontre les gros efforts que nous avons consenti pour amener Seguin au sommet. Je précise aussi que, volontairement, nous maintenons nos prix extrêmement bas, très attractifs, car nous partons du principe que pour qu’un vin soit connu, il faut qu’il soit bu ! On permet à tout le monde de pouvoir se l’offrir, c’est une volonté délibérée.”
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