Coup de cœur
VIGNOBLES DELBECK
Au Château Tour du Pas Saint-Georges, Pascal Delbeck poursuit une politique qualitative exemplaire, loin des modes et des artifices. De l’art d’allier le talent, la tradition et la modernité.
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“L’âge moyen du vignoble est de 30 ans environ, précise Pascal Delbeck. Nous avons choisi les meilleurs terroirs adaptés aux cépages, le Merlot dans des endroits plutôt frais pour éviter que les raisins ne souffrent trop de la chaleur, le Cabernet sur des parcelles plus ensoleillées... Le Cabernet franc s’épanouit à merveille ici, et je suis particulièrement attaché à nos pieds de Carménère, de Petit Verdot et de Malbec : cette diversité apporte un “plus” dans les vins, une touche originale. Nous sommes sur des sols de dépôt océanique, avec du calcaire puis, en sous-sol, des argiles, des molasses plus ou moins sableuses, calcaires ou argileuses. Au Château du Pas Saint-Georges, nos vignes sont plantées sud-est-est-sud, sur une pente à forte déclivité, de 70 à 30 m, ce qui permet un parfait drainage.
Nous avons construit ce grand chai dans l’idée de regrouper la vinification de toutes les propriétés, tant au niveau de la vinification que de l’élevage, la mise en bouteilles et un espace de vente pour les particuliers; Nous avons des cuves de différentes capacités pour travailler en parcellaire. La majorité sont de 70 hl ouvertes, à chapeau flottant, ce qui nous permet de vinifier le vin dans les meilleurs conditions. Nous avons un pigeur composé de vis sans fin qui descendent lentement dans le chapeau. Le brassé s’effectue en douceur et permet un meilleur contact entre les parties liquides et solides. On extrait ainsi des tanins très tendres, et beaucoup d’anthocyanes. L’élevage s’effectue en barriques de 300 l (dont 30% de bois neuf). Je projette d’acheter quelques foudres, je trouve le volume intéressant. La durée varie en fonction des millésimes de 12 à 15 mois. Je suis très prudent avec l’utilisation du bois, respecte le raisin, donc je ne veux pas des vins trop boisés, et préfère la finesse et l’élégance.
Nous venons de commencer une certification en Bio. Comme dans les chais, où nous avons réalisé les travaux dans un souci environnemental, nous continuons notre logique dans le vignoble. J’ai longtemps travaillé en biodynamie et en bio. En plus de trente ans, je n’ai jamais épandu d’insecticide.
Les millésimes 2007 et 2008 sont deux jolis millésimes qui vont sans doute souffrir de l’ombre du 2009 qui s’annonce plus médiatique. Le 2007, aux arômes de fruits mûrs, a beaucoup de charme, une assez bonne structure, c’est un millésime qui évolue assez vite, agréable à déguster à table dans sa jeunesse. Le 2007 sera pénalisé par une image de vin cher car les Grands Crus, face à la demande, ont monté leurs prix, le marché était alors très favorable. D’après les premiers commentaires, les consommateurs sont impressionnés par la qualité du vin comme ils l’avait été avec le 1987... Le 2007 est un millésime qu’il faut faire goûter.
Ma fille Marie-Amandine et mon neveu Cédric viennent travailler avec moi, mon neveu a fait une formation viti-œnologique et ma fille est en train de préparer un Duad (diplôme d’aptitude à la dégustation). Marie-Amandine, depuis toute petite, est passionnée par le vin. Tant mieux, car, sans cela, on ne peut pas faire ce métier.”
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